Soutenons Eric Gerets !

Pour ne pas avoir à retourner éternellement à la case départ..

En début de semaine, le ministre marocain de la jeunesse et des sports est enfin intervenu pour calmer les ardeurs de la presse nationale et d’une partie du public marocain qui reprochait à Eric Gerets ses importants émoluments.Ainsi Mohammed Ouzzine a déclaré que le salaire du Lion de Rekem n’atteint pas les 250.000 Euros mensuels -chiffre relaté par les médias- et qu’il est inférieur à ce qu’il touchait en Arabie Saoudite. Le nouveau ministre a également expliqué qu’il lui est interdit de dévoiler le montant exacte de ce que reçoit le sélectionneur national à cause d’une clause de confidentialité dans le contrat liant Eric Gerets à la FRMF.
La veille de la déclaration, les lions de l’Atlas, éliminés de la CAN 2012, avaient gagné leurs premiers points de la compétition africaine en venant à bout du Niger par le plus petit des scores, sans toutefois atténuer les critiques visant Eric Gerets, qui s’est retrouvé dans le collimateur de la presse marocaine. Pourtant la relation entre le belge d’un côté, et le public et les médias, d’un autre, était au beau fixe.

 

Flash-back :
Dans la soirée du mardi 26 octobre, Eric Gerets, le nouveau coach des Lions de l’Atlas, est présenté aux médias marocains au Centre international de conférences Mohammed VI de Skhirat. Ali Fassi Fihri considère Eric Gerets comme ” L’homme nécessaire, au profil adéquat” . Sur les forums, les supporters sont jubilants, confiants pour le futur.
Le 4 Juin de l’année suivante, les lions de l’atlas s’imposent face aux fennecs algériens à Marrakech. Tout le Maroc est euphorique, les chaines de télévisions passent en boucle les images des Marocains, pris dans une liesse populaire, sortis dans les rues, la main sur le klaxon et un drapeau national pour fêter cette victoire.
7 mois après, la presse et les « supporters » réclament la tête du lion de Rekem, après une humiliante élimination du 1e tour de la CAN 2012, à la suite d’un match homérique (3-2) perdu face au pays organisateur. On exige le retour de Zaki et le versement du salaire d’Eric Gerets « pour les bonnes causes », oubliant au passage que ce sont les sponsors qui paient le sélectionneur et non le contribuable marocain..

C’est connu, certains pseudos-supporters marocains retournent leurs veste à chaque occasion. Ce n’est pas donc une surprise de les voir crier au scandale ou tirer à boulets rouges sur le lion de Rekem.
Même une partie de notre presse nationale n’échappe pas à la règle : certains médias n’hésitent pas à faire circuler les pires rumeurs pour déstabiliser le groupe et faire limoger l’entraineur. L’échec à Libreville est une occasion inespérée pour quelques “journalistes” pour faire vendre leurs journaux ou pour amplifier leur auditoire. Ils recourent à un discours populiste ou invitent des “cadres nationaux” répéter qu’il faut mettre un “weld lblad” à la tête de l’équipe au lieu de ” l’entraineur étranger qui vole notre argent et nous vend des illusions”, qu’il faut constituer une équipe de locaux, ne plus faire appel aux professionnels, ..
Pourtant, il y a quelques mois, ces même médias hissaient Eric Gerets au rang de héros national.

Mais le licenciement de Gerets peut-il pousser les lions à rugir à nouveau ?
Sous l’emprise de la déception, on a tous le droit de nous emporter mais, avec un peu de recul, on se rend compte que se séparer de Gerets n’est pas la solution.
Notre sélectionneur n’est pas exempt de toute critique et lui-même a déclaré prendre ses responsabilités. Toutefois, il ne pas faire de lui un bouc émissaire. Les critiques sont celles qui, résultats de bon sens et de méditation, nous font avancer.
Eric Gerets a, certes, commis plusieurs erreurs : il a levé la barre très haut en promettant un triomphe lors de la Can, son choix du lieu de concentration n’était pas idéal pour préparer une compétition africaine, certains de ses choix ont été pénalisants pour l’équipe marocaine (tel la titularisation de Kantari ou d’Assaidi), sa gestion de la 2e mi-temps du match contre le Gabon a été désastreuse.. Oui tout cela est vrai, indéniable, tout le monde est d’accord là-dessus mais GERETS DOIT CONTINUER l’aventure avec les lions de l’Atlas !
Depuis sa nomination, l’équipe a commencée à avoir une identité de jeu et nous avons eu droit à une équipe homogène et soudée. Laissons lui maintenant l’opportunité de peaufiner le fond, l’aspect technique.D’un autre côté, nous n’avons pas de temps pour tout reconstruire, Les prochaines échéances internationales arrivant à grand pas (CAN 2013 , éliminatoires CDM 2014) et cela exige de la stabilité : un changement d’entrainement ne sera qu’ un premier pas vers d’autres désillusions.

L’heure maintenant est au bilan. Eric Gerets, son staff, la FRMF, les joueurs et la presse doivent reconnaitre les erreurs et repartir sur de bonnes bases pour pouvoir préparer les prochains rendez-vous continentaux. Gerets a eu droit à son baptême africain et est maintenant conscient qu’une CAN se prépare dans des conditions spéciales et que le climat, les conditions climatiques, le jeu, l’environnement, l’hébergement, l’arbitrage sont complétement différents.

Continuons à soutenir l’équipe
Nous avons tendance à nous voir plus beaux que nous sommes, il suffit d’une victoire contre les voisins algériens pour s’autoproclamer favoris et pour rêver de titres continentaux et de qualifications glorieuses. Nous devons cette fois être patients et attendre que le travail du staff donne ses fruits (à moyen terme)
Le bon sens veut que les supporters se rangent derrière leur équipe et restent sereins afin de revoir bientôt les lions rugir à nouveau. Parce que supporter une équipe n’a rien à voir avec la qualité du jeu, et encore moins avec les résultats. Supporter le Mountakhab, c’est se sentir membre d’une communauté, en phase avec sa nation, ses compatriotes. Quand on soutient une équipe, notre rôle est d’être présent dans les moments de triomphes, mais aussi pendant les moments difficiles, quand les résultats ne sont pas aux rendez-vous. On ne choisit pas les moments de supporter.

“J’ai commencé quelque chose que j’aimerais bien finir. Au milieu de la route, il y a un énorme échec. Si on me laisse faire mon travail, je reste. S’ils (la fédération) ne sont pas contents de mon travail, ils me le diront. Pendant 15 mois, personne ne m’a dit que j’étais un mauvais. On gagne ensemble et on perd ensemble. Je prends ma responsabilité »
“Si la fédération le veut bien , je veux rester au Maroc. Je ne peux pas partir comme ça , je veux un trophée avec le Maroc et si vous me laisser du temps pour cela , on peut y arriver. Cette Can 2012 est une erreur de parcours, c’était trop tôt. Si l’on me fait confiance , je peux même rester jusqu’en 2015.(pour la can au Maroc).” Eric Gerets

Younes LABBAR|www.Kawkabi.com