|

Nélson, te voilà au Kawkab en D2 marocaine. Comment t’es-tu retrouvé à Marrakech ?
Je suis venu par l’intermédiaire d’un agent que connaissait Tahar, l’ancien joueur du Benfica. J’étais au Atlético, au Portugal, en début de saison dernière. J’attendais un nouveau projet. Je revenais après quatre ans à Chypre et c’est là qu’est venu le Kawkab.
Tu as hésité avant de t’engager en D2 marocaine ?
Oui, j’ai beaucoup hésité. Vu mon âge, je m’attendais plutôt à partir dans un pays du Golfe mais la proposition qui m’a été faire ici était très intéressante. Tahar – que je ne connais pas avant – m’a expliqué que le Kawkab était un grand club. Je suis dans un grand club ! Nous n’avons rien à faire en D2. Nous avons un histoire et une équipe pour jouer les premiers rôles au Maroc. On a raté la remontée l’année dernière malheureusement mais là on fait un bon début de saison.
Tu le plais au Maroc ?
La première année a été difficile au niveau footballistique. Ce fut un gros changement par rapport à ce que j’avais connu auparavant. Le club a eu du mal pour sa première année en D2. Les stades, les terrains étaient difficiles. On était attendus partout où on jouait. Nous étions dans une réalité différente. Sinon en termes de vie, je me sens super bien ici. Je me suis vite adapté. En plus, cette année, ma famille m’a rejoint. Un autre portugais est ici avec moi : Edgar Marcelino. Je parle le français, je commence à comprendre un peu l’arabe.
Quel est le niveau du Botola 2 ?
La qualité des joueurs est excellente. Physiquement et techniquement, beaucoup de footballeurs d’ici pourraient évoluer en Europe. Il y a beaucoup de qualité. C’est au niveau tactique qu’il faut encore progresser. Bon nombre de joueurs sont perdus et sous-exploités par manque d’accompagnement.
Le Maroc est un vrai pays de football
Et puis le Maroc est un pays passionné par le foot…
Il y a une énorme passion pour le foot ! Le Maroc est vrai un pays de football. D’ici quelques jours, la sélection nationale va affronter le Mozambique en qualif de la CAN. Le match a lieu, ici, à Marrakech. On sent déjà la pression monter. L’ambiance est très chaude.
A l’aller le Mozambique s’est imposé 2-0. Le retour ressemblera à quoi selon toi ?
Ce sera un match d’une grande tension. L’avantage de deux buts ne sera pas simple à rattraper. Les supporters sont très sceptiques.
Et Gerets a été évincé sous cette fameuse pression…
Il y avait une grande animosité à son égard. Notamment par rapport à son salaire jugé trop élevé par l’opinion publique. Ses résultats n’ont pas suivi… C’était une fin annoncée.
Ton Cap-Vert aussi a fait sensation à l’aller contre le Cameroun (2-0). Est-ce l’année des Requins Bleus ?
J’y crois ! Je crois en cette équipe qui possède d’excellents joueurs, en son sélectionneur, Lucio, qui réalise un énorme travail. Je suis très fier de cette sélection et je le suis aussi de ce nous avons réalisé lorsqu’y étais. Nous sommes passés de la 200ème place au ranking FIFA à la 100ème.
Je ne dis pas que Jorge Jesus est la personne avec j’ai le plus aimé travailler mais c’est lui le plus marquant
Tu as évolué à Estoril, Setubal, Aves, Naval… Quel souvenir t’as le plus marqué au Portugal ?
Je ne peux pas ne pas parler de lui : Jorge Jesus. Il a été mon entraîneur à Setubal. C’est quelqu’un qui m’a vraiment marqué. Il est obsédé par le football. Il en mange 24 heures par jour et s’il n’en fait pas plus c’est parce qu’un jour ne compte pas plus d’heures ! (rires) Il dissèque, regarde tout et exige le même de ses joueurs. Il y a dix ans, il était déjà comme ça. Avec lui, rien n’est laissé au hasard. Je ne dis pas que c’est la personne avec qui j’ai le plus aimé travailler, parce que j’ai connu plein de bons entraîneurs, mais c’est lui le plus marquant.
Les élections approchent au Benfica. Vieira devrait avoir de la concurrence avec Rangel. Penses-tu que JJ doit rester en poste ?
Il n’y a aucun doute que Jorge Jesus est un grand entraîneur. Il est arrivé au Benfica au bon moment. Mais ce qui induit la continuité d’un entraîneur, ce sont ses résultats. Au Benfica, encore plus qu’ailleurs. On ne pourra donc juger Jorge Jesus qu’à l’issue de la saison. Si le Benfica est champion, il semble normal qu’il reste en place, si ce n’est pas le cas, ça sera déjà beaucoup plus compliqué pour lui…
A 34 ans, comment vois-tu ton avenir ? Quels sont tes projets ?
J’ai pas mal de projets mais je ne sais pas encore quand, ni comment ils seront réalisés. Je veux continuer dans le monde du football. Devenir entraîneur est une idée qui me tente. J’aime l’aspect tactique mais pour le moment, je suis joueur et je ne me vois pas arrêter tout de suite. Je me sens même mieux qu’il y a quelques années. Physiquement, je suis bien. Vraiment bien.
Maintenant, quand un entraîneur passe par le FC Porto, il se risque à être champion, quand il passe par le Sporting, il prend un gros risque
Ton fils de neuf ans est resté au Portugal. Il y joue au Sporting. Pourquoi, parce que c’est le club de coeur de papa ?
(Rires) Oui, c’est le club de son papa. Il aime bien le football mais, à son âge, ce n’est encore qu’un jeu et c’est très bien comme ça. C’est un gaucher.
Tu es du Sporting. Pas trop triste de voir ce qui s’y passe ?
Je suis habitué…
Qu’as-tu pensé du départ de Sa Pinto ?
Si le projet des dirigeants était calculé à court terme, je peux comprendre parce que l’équipe n’avait ni les résultats, ni le jeu. Mais dans une optique au long terme, je trouve ça illogique et précipité. Il faut aller au bout des choses. C’est une question de mentalités et d’histoire aussi. Le Sporting est un grand club qui besoin de résultats immédiats. Wenger ne pourrait pas entraîner au Sporting.
Valverde est l’un des favoris à la succession de Sa Pinto…
S’il est choisi, il va être confronté à de très nombreuses difficultés. Il ne connait pas bien la réalité du football portugais et, surtout, il ne sait surement pas à quel point le Sporting est en difficultés. A titre de comparaison et de façon caricaturale, maintenant, quand un entraîneur passe par le FC Porto, il se risque à être champion, quand il passe par le Sporting, il prend un gros risque.
Article publié sur : machainesport.fr
Trackback(0)
|
Tant que vous dites que le responsable est l'entraineur, c'est que vous n'avez rien compris et qu'on aura pas de vraies solutions à nos malheurs!
www.anwarock.com